Finale Championnat d’Europe Ibiza 1997

Septembre 1997
Peut être l’un de mes plus beaux souvenirs de triathlète.
Après quelques contacts avec le Prince Sergio Ferrero (organisateur) autant dire, le Dave Scott du quadriathlon, me voilà engagé dans cette épreuve.
En plus, c’était la finale du Championnat d’Europe : Le Quadriathlon Longue Distance d’Ibiza (Espagne). Une épreuve où je ne maîtrise pas du tout la 2ème discipline, totalement novice : le kayak de mer. Mais après des entraînements entre le pont de Joinville et Gournay-plage, mes épaules commençaient déjà mieux à encaisser ce nouvel effort, sortie de 2h30…voir 2h45, encore merci au club du canoë kayak de Bry sur marne et tout particulièrement à Jean Michel.
Enfin arrivé sur l’île, où le Quadriathlon est roi, je me retrouve avec Sergio, quel Monsieur, classe et pouvant assurer un briefing en 7 langues, impressionnant, il me donne des ficelles pour la partie en kayak (et oui car ici, après les 5km de natation il y a 20km de kayak, pointage obligé au large sur une île, après suivront 100km de vélo et enfin un semi-marathon). La natation se passe plutôt bien, certainement le plus beau fond marin que j’ai eu dans une épreuve, poissons magnifiques… Une fois sur la plage en 29ème position, j’enfile le gilet et commence la transformation en kayakiste, et là, juste derrière moi, un type m’encourage et fait un enchainement éclair, ce type démarre très fort la 2ème partie, c’est Sergio (54 ans) ! Il est encore très tôt, il disparaît en l’espace de 20 secondes dans la brume, et moi je galère à mettre ma jupe. Une fois rentré dans le kayak, c’est parti. Soulignons que Peter Hobor,
excellent triathlète et quadriathlète, remporte cette épreuve ce jour-là. J’ai souffert je peux le dire; le soleil cognait fort à mi-parcours, la mer était très agitée, creux de 1m, je vois petit à petit pas mal de concurrents me doubler, mais le moral reste bon, surtout ne pas me retourner, car
l’escamotage, c’est pas trop mon truc, non seulement je ne me suis pas entraîné à le faire et il n’est pas souhaitable de perdre ma réserve de boisson, car ça cogne et mon dos dans la 2ème partie, n’est plus qu’un amas de crampes.
Lors de cette 2ème boucle, un anglais essaye de remonter sur son cigare, mais en vain, il abandonnera…
Il attend un bateau de l’organisation, désespéré il reste accroché sur sa coque, et pendant ce temps un requin de 60cm le taquine méchamment, il lui offre 2, 3 coups de poings, teigneuse la bête… le soir même, il me racontera sa mésaventure au Kiss.

Ouf ! Je regagne la terre ferme, et commence ma remontée en vélo, parcours pour rouleurs, mais le soleil cogne toujours aussi fort.
Peter est impressionnant, comme le prince, et le français Philippe Parmantier revient bien aussi (rappelons que Philippe était à l’époque, détenteur du record doublé de cette épreuve, repris à Sergio) à la fin du vélo. Je suis assez entamé et m’élance sur le semi-marathon, j’arrive à me refaire une santé vers le 15ème km, et là, 6km plus loin, moment magique, foule en délire, à 800m de l’arrivée, je reviens sur Sergio, il se retourne, fou de joie et épuisé, il tombe dans mes bras, il est au bout du rouleau, dans une jeep des types de la chaîne Eurosport, sont debout et nous filment, moment de joie mélangé à l’épuisement… mais que c’est Bon !
J’arrive à la 32ème place lui derrière, je retrouve Philippe au ravito, lui, fait une belle 25ème place en 8h30, je suis 1h derrière mais heureux de cette 1ère expérience.
Sergio est acclamé comme un roi, heu ! Comme un Prince…

Le soir, au resto, avec Philippe, on engloutie plusieurs plats, ensuite Sergio nous offre des places pour le Kiss (discothèque). Et oui, là-bas, on ne peut pas contourner cette épreuve, la danse marche assez bien je dois dire. Entre temps avec Philippe, on repart au resto pour une bonne pizza chacun, le Quadriathlon ça donne l’appétit. Ensuite, en boîte, on retrouve notre anglais qui en a, à nous raconter. Sergio, quel Artiste, il m’a offert une superbe épreuve.